Emilie Simon . Interview

Emilie Simon . Interview
Emilie Simon
Album : Emilie Simon
Barclay
_Tout juste 24 ans et déjà sur plusieurs couvertures, Emilie Simon, avec sa petite voix et ses grands yeux noirs, nous raconte sa musique et son parcours, ses coccinelles et son travail de fourmi.
Commençons par la pochette... très joli tatouage ! Tu crois aux fées ?
_Oui, enfin je crois surtout à l'idée qu'on puisse voir les choses comme on voudrait qu'elles soient, que l'on puisse vivre dans son propre monde.
_Les coccinelles ont une signification ?
_C'est un animal que j'aime beaucoup, j'en fais un peu collection. C'est à la fois un insecte, donc quelque chose d'a priori inquiétant, voire repoussant, mais en même temps pas du tout, c'est très joli, et c'est un porte-bonheur.
_Les Inrockuptibles te propulsent 'fille de Bjork et de Kate Bush', sont-elles des influences ?
_Kate Bush oui. Et Joni Mitchell. Au niveau de la démarche surtout. Ce sont les premiers disques de femmes que j'ai entendus où il y'avait une forte personnalité et une voix très particulière mise en avant, sans être passée à la moulinette des studios. Comme le refoulé de l'âme qui ressort dans la voix. C'est elles qui m'ont donnée envie de faire un album.
_Et maintenant, qui écoutes-tu ?
_J'écoute peu de disques, je ne suis pas toujours dans les magasins à découvrir les nouveautés, je marche plus au hasard. Récemment j'ai adoré FischerSpooner, Herbert, The Notwist...
_Quelle part le jazz a-t-il eu dans ton éducation, tes goûts, ta démarche ?
_Le jazz c'était d'abord, dans ma petite enfance, tous les musiciens qui venaient jouer et enregistrer dans le studio de mon père. Mais ce qui me plait surtout dans le jazz, ce n'est pas le côté improvisation et excellents musiciens, mais plutôt le coté 'standards' : des chansons intemporelles que tout le monde peut reprendre.
_Il y a une version française et une anglaise pour Desert. Toutes les chansons ont deux versions ?
_Non, les chansons me viennent en français ou en anglais. Je n'aurais pas pu traduire Blue Light en français, ni Lise en anglais. Ce sont des sonorités qui me viennent, dans une langue ou dans une autre, en fonction de la musique. Par exemple, Lise et Solène sont des chansons qui commencent par des sonorités, comme si j'imaginais toute une personalité juste à partir d'un prénom, par ce qu'il m'évoque. Pour Desert, je l'avais faite en anglais et c'est David Masse qui m'a dit qu'il avait des idées pour une version en français, alors on y a travaillé ensemble.
_Ta musique semble très cérébrale. Quelle place réserves-tu à l'instinct ?
_En fait tout est d'abord écrit sur l'instinct. J'écris vraiment sur l'inspiration, pas du tout sur le concept, et une fois que j'ai le morceau et qu'il me plait, là je vais commencer à entrer dans la production, la structure. La part d'instinct est d'abord dans la composition, et dans l'interprétation aussi.
_Et sur scène ? Quelle est la part d'imprévu ? Et que représente la scène pour toi ?
_La scène c'est pour moi quelque chose de génial et très excitant, et en même temps c'est terrifiant. C'est quand même fou de passer d'un stade limite autiste en studio à la scène. En concert, je pars d'un morceau et de sa personnalité, qui se trouve souvent dans la programmation, et ensuite on ouvre ça sur scène à d'autres arrangements. Par exemple le contrebassiste joue aussi à l'archet, il y a du morphing en temps réel sur la voix... Tout ça fait évoluer le morceau. Donc je garde la même direction, le même esprit, mais je l'ouvre à quelque chose qui devient une musique de groupe, et plus seulement la mienne. J'essaye de bien faire les choses, de faire en sorte que mes lives soient beaux.
_Tu participes au festival Les Femmes S'en Mêlent. Tu te sens féministe ?
_Pas vraiment, tellement ça tombe sous le sens pour moi qu'on est tous pareils. Quand j'étais petite et que je voyais un disque d'une femme, ça me semblait évident que c'était elle qui faisait tout. Après j'ai compris. Et c'est vrai que quand une femme fait un disque c'est le contraire, les gens ont tendance à penser qu'elle ne fait que chanter. Alors je suis très contente de participer à ce festival, je suis heureuse quand je vois une fille qui fait des morceaux, qui se bagarre et qui reste sur son style, sur sa vision des choses, et je trouve ca hyper important que les filles n'aient pas peur de mettre la main dans les ordinateurs, dans les câbles et les studios, parce que c'est super drôle. Et on n'est pas obligées d'être exubérantes, d'avoir une attitude violente avec l'extérieur. On peut juste faire les choses comme on les entend, à notre rythme en douceur, mais veiller à ce que ce soit cohérent avec nous-mêmes, et faire quelque chose de personnel. Et c'est ce côte personnel qui va donner une variété au paysage musical.
_Tu as fait des études à l'IRCAM. Tu penses quoi de la musique contemporaine ?
_En fait j'ai fait des stages ponctuels sur des logiciels, et aussi une académie d'été dans le sud avec eux, toujours pour découvrir des logiciels et apprendre à m'en servir dans ma musique. J'aime beaucoup la musique contemporaine, je trouve ça très intéressant, et pas toujours si coupée du public. J'ai souvent été suprise par des pièces qui touchaient les sentiments de manière directe, bien plus que l'intellect. Moi j'ai besoin de retrouver mon format chanson, mon côte instinctif, je ne peux pas faire de la musique contemporaine, je ne viens pas de là. Je peux prendre ce qui m'interesse dans les logiciels, les concepts, mais je ne peux pas ne pas écrire de chansons, pour l'instant.
_J'ai l'impression que ça a été facile pour toi, que tu n'as pas beaucoup galéré. Tu estimes avoir eu de la chance ?
_J'ai eu de la chance mais j'ai tout fait pour. Je ne viens pas d'un milieu riche, du tout. Pour partir à Paris j'ai du gagner mes bourses. A Paris pour faire des trucs intéressants je me suis debrouillée toute seule, personne n'est venu me dire « viens je t'inscris a l'IRCAM ». Et je me suis efforcée de convaincre les gens de me suivre. Je ne suis pas quelqu'un de très démonstratif, je n'ai jamais essayé de prouver des choses énormes à des gens, mais quand j'ai pu et quand j'ai senti que certains pouvaient être réceptifs, j'ai essayé de leur parler de ma façon de voir les choses. Mais rien n'est tombé tout cuit, j'ai beaucoup travaillé et les gens m'ont fait confiance grâce à ce travail, parce qu'ils ne pouvaient pas croire que je travaillais comme ça si je ne croyais pas à ce que je disais.
_Tu as toujours sur ce que tu voulais faire ? De quand datent tes premières chansons ?
_Mes premiers trucs, pas vraiment des chansons, c'était vers 10-12 ans. Au début je savais qu'il fallait que je fasse les textes, la musique et que je chante, et après j'ai pris conscience que je devais aussi faire les arrangements, la production, pour que ce soit vraiment un travail personnel, que ce soit frais, que ce soit moi. Alors galéré, non efecctivement, dans le sens où j'ai su ce que je voulais faire très jeune. Alors j'ai mis mes oeillères et j'ai tracé la route, tout le temps, sans regarder autour, pour arriver, presque sans m'en rendre compte, au moment où mon disque est sorti. Je suis restée en apnée, j'ai travaillé, j'ai pris à droite et à gauche, j'ai appris, pour faire quelque chose de qualité, parce que ce que je voulais faire c'était avant tout de belles chansons, un joli disque, personnel, et je voulais surtout être responsable de tout, des bonnes idées comme des erreurs.
_Et pour Perry Blake, tu t'es aussi débrouillée toute seule ?
_Oui, un peu par hasard. Il y a 2-3 ans, je l'ai vu au festival de Benicassim et j'ai adoré sa voix. J'avais écrit Graines d'Etoiles pour moi, et j'ai trouvé que sa voix irait vraiment bien dessus, alors je lui ai proposé. Il m'a fait confiance en écoutant mon album qui était presque terminé.
_Ca ne t'angoisse pas d'avoir déjà tout réussi ? Qu'est-ce que tu voudrais maintenant ?
_Je fais juste attention à bien m'amuser, à ne pas dramatiser, parce que tout ce qui se passe est très agréable, et c'est le meilleur scénario que je pouvais imaginer, faire l'album comme ça et qu'il soit si bien accueilli, c'est un vrai rêve. Maintenant pour la suite je veux juste continuer à m'amuser.

# Posted on Sunday, 14 August 2005 at 10:34 AM

Edited on Friday, 26 August 2005 at 11:27 AM

La Marche De L'Empereur . Critique Musicale

La Marche De L'Empereur . Critique Musicale
La musique électronique au format expérimental est l'une des passions de Emilie Simon, une histoire d'amour qu'elle vit pleinement depuis le chantier de son premier album, éponyme, paru en début d'année 2003. Tout juste un an plus tard, l'artiste créait la surprise aux Victoires de la Musique en recevant un trophée dans la catégorie 'Album électro / Groove de l'année', tandis que son disque voyait le jour dans de nombreux pays, jusqu'au Japon. Emilie Simon n'est désormais plus une femme de l'ombre, s'affichant avec Alain Bashung et Nelly Furtado pour les premières parties de concerts et Dionysos et Tricky sur des CD.

Pour débuter cette nouvelle année, c'est dans l'univers glacial de l'Antarctique que la brune nous invite, plus exactement en Terre Adélie, lieu de tournage du long métrage "La Marche de l'Empereur" de Luc Jacquet. Telle une Björk à sa période introspective, Emilie Simon nous emmène sur des territoires froids et silencieux, à travers des musiques très dépouillées jouées au celesta, ondes Martenot, glassharmonica, percussions et autres... On se laisse volontier envoûter par les images renvoyées par ces sonorités : une boîte à musique placée dans une grotte (Aurora Australis), un violoncelle d'une beauté rare (Mother's Pain) et des voix étrangement silencieuses (Antarctic). À l'écoute de cette bande son, on se dit qu'Emilie Simon aurait pu perdre une occasion de nous démontrer la puissance de sa musique. C'est tout simplement beau.

# Posted on Sunday, 14 August 2005 at 10:45 AM

Ice Girl

Ice Girl
You were looking for someone to keep your warm,
You found me
You were looking for someone to dry your tears,
You found me
You were looking for someone to not be alone,
You found me

Cause I'm the Ice girl freezing you, I'm the ice girl
I'm the Ice girl freezing you, the ice girl
I'm the Ice girl freezing you, to the bone
But now I'm Gone

You were looking for someone to comfort you,
You found me
You were looking for someone to make you smile,
You found me____________________________________________________Ecoutez Ice Girl
You were looking for someone...for somebody,
but not for me...

Cause I'm the Ice girl freezing you, I'm the ice girl
I'm the Ice girl freezing you, the ice girl
I'm the Ice girl freezing you, to the bone
But now I'm Gone

I'm the Ice girl freezing you, to the bone
But now I'm Gone,
But now I'm Gone...

# Posted on Friday, 26 August 2005 at 11:11 AM

Edited on Thursday, 01 September 2005 at 12:11 PM

The Frozen World

The Frozen World
Won't you open for me
The door to your ice world
To your white desert

I
just want to stare
Out over these snowfields
Until we are one again

W
e belong to the frozen world

W
hen the ice begins to thaw
Becomes the sea
Oh, you will see
How beautiful we can be

Everything is calm
At the end of the planet
In our white desert

_______Ecoutez The Frozen World
The sun kissed the ice
It glistens for me
And we are one again

We belong to the frozen world

When the ice begins to thaw
Becomes the sea
Oh,you will see
How beautiful we can be

# Posted on Saturday, 10 September 2005 at 4:40 PM

Edited on Saturday, 11 March 2006 at 5:07 PM