En attendant, de son laboratoire Emilie laisse filtrer comme un avant-goût des aventures prochaines ce premier maxi, Desert, où déjà explosent aux oreilles l'audace d'arrangements rarement croisés ailleurs, un goût pour les mélodies faussement naïves mais profondément ébréchées de l'intérieur. Malgré les apparences parfois déroutantes de ses chansons, Emilie Simon n'est pas une fille farouche, elle considère même sa musique comme étant la plus ouverte et disponible possible. Une fois ses deux versions personnelles de Desert (anglaise et française) achevées, elle a d'ailleurs invité d'autres malaxeurs de sons à en remodeler les formes.
Les trois remixes qui complètent ce premier maxi démontrent si besoin était l'élasticité des matériaux inventés par Emilie. Le parisien Avril, pour lequel Emilie avait remixé The Date, lui rend ici la politesse en faisant de Desert un subtil jeu de miroirs électro-acoustiques. Dans le cas de Leila, jeune anglo-iranienne orageuse dont Emilie admire les albums, c'est la rythmique et la voix qui priment sur une recomposition électrique et fumigène du morceau. Enfin, les deux cerveaux de Thievery Corporation, ambianceurs électro-lounge de Philadelphie, ont choisi d'en alanguir un peu plus la version française.
« Je suis une fille de nulle-part dans le désert» Pour l'instant, sertie d'une sorte de halo sonore qui en préserve les mystères, la petite musique d'Emilie Simon apparaît tel un mirage encore imprécis dans le paysage hexagonal. Bientôt, elle constituera une oasis dont il deviendra impossible de se passer.